Privée de ressources par la nouvelle direction du PS, l’ex-candidate socialiste à la présidentielle a dû faire preuve d’imagination pour assurer le financement de ses activités
politiques. Avec l’association Désirs d’avenir au cœur de son dispositif.
Le 20 janvier, Ségolène Royal est la seule
personnalité politique française à assister, à Washington, à l’investiture de Barack Obama. A peine de retour, la voilà repartie au Brésil pour participer au grand raout altermondialiste du forum
social de Bélem. Dans les deux cas, le PS n’a pas versé un centime puisque la présidente de Poitou-Charentes n’était pas mandatée. Et à Paris, son équipe occupe des locaux dans un des
arrondissements les plus chics de la capitale.
Comment l’ex-candidate PS à la présidentielle, qui n’a plus le soutien de son parti, fait-elle pour voyager autant ? Au-delà de ses
déplacements, comment réussit-elle à continuer de financer ses activités politiques. Questions légitimes qui excitent la curiosité de ses adversaires et aiguisent leurs critiques.
« Comme d’habitude, on continue à la mitrailler »
Voilà Eric Woerth, le secrétaire d’Etat au Budget, qui déclare s’intéresser aux finances de Désirs d’avenir, l’association de
Royal, et demande des « éclaircissements » quant aux liens qui unissent l’ex-candidate avec son principal mécène, l’homme d’affaires Pierre Bergé. Et pas plus
tard qu’hier, c’est le député UMP du Vaucluse Thierry MARIANI qui adresse solennellement une question écrite au Premier ministre, François Fillon, pour s’étonner que lors de son déplacement à
Washington, Royal ait obtenu d’être… « hébergée » à l’ambassade de France.
Pour les proches de Royal, la ficelle est trop grosse. « Comme d’habitude, on continue à la mitrailler. Ségolène est la femme à abattre »,
dénonce le député de la Mayenne Guillaume Garot, fidèle de l’ex-candidate. Agacés par ce qu’ils considèrent comme une « fausse polémique », les supporteurs de Royal contre-attaquent en pointant
les relations de proximité qu’entretient Nicolas Sarkozy avec quelques grands noms du CAC 40. « Ils n’ont pas de leçon à nous donner. Surtout quand cela vient d’un ancien trésorier du RPR
(NDLR : Eric Woerth)… », renchérissent les ségolénistes.
Lâchée par la direction du PS, qui ne lui a même pas renouvelé ses abonnements de journaux, Royal a dû faire preuve d’invention pour assurer,
en toute légalité soulignent ses amis, ses arrières. Pour mieux repartir de l’avant quand le moment sera venu.
Le Parisien
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